~ 145 ~

Temps de lecture : 3 minutes

 

*

 

Pendant ce temps, Andréas et Jenny se dirigent vers le garage des Muller pour, soi-disant, aller récupérer de nouvelles bouteilles pour la troupe de danseurs assoiffés !

Foutaises. L’ancien couple éméché par l’alcool ne cherche ici qu’un moyen de s’éclipser en privé.

— Alors, que me racontes-tu de beau ! Depuis le temps !

Jenny questionne en premier son ex-petit ami qui, lui, se presse d’aller fouiller le grand frigidaire censé abriter une réserve de bières ou d’autres alcools.

Le regard d’Andréas se dirige très vite vers des bouteilles de vin entreposées près de lui. Elles feront l’affaire.

— On prend ça pour nous ? propose-t-il en attrapant l’une des bouteilles.

Jenny sourit avec malice et s’assoit sur le grand billard de la pièce, rangé ici il y a six ans parce que la famille Muller ne l’utilisait plus.

— Si tu arrives à l’ouvrir ici ! Parce que, sinon, on devra remonter chercher un tire-bouchon, et je n’ai pas très envie que l’on croise les autres, si tu vois ce que je veux dire…

— Tu sais que tu es carrément sexy, ce soir ! ajoute-t-elle, les joues rosies.

— Je te retourne le compliment, renvoie Andréas en cherchant un tire-bouchon dans les tiroirs du meuble où se trouvent quelques ustensiles de cuisine. Il s’amuse que les Mullers aient pour habitude de tout acheter en double, voire triple, mais il ne peut se moquer de cette manie, car ses parents ont cette même habitude. 

— Viens t’asseoir, Andy, laisse tomber ta bouteille, s’exclame Jenny en tapotant sur son billard. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, on a plein de choses à se raconter !

— OK, que veux-tu me raconter, alors ? s’enquit Andreas en se rapprochant d’elle.

Dès qu’elle le peut, elle l’attire vivement vers elle et serre ses cuisses contre lui.

— Tu m’as manqué, Andy, lui sourit-elle.

— Toi aussi.

— C’est vrai ? Beaucoup ?

— Plus que tu ne l’imagineras jamais. Même si on avait dit que cette fois…

— J’ai essayé de t’oublier, de tirer un trait, mais sans toi je ne vis pas, je suffoque, c’est trop dur, grince Jenny en se blottissant un peu plus contre son interlocuteur et plus grand amour. J’ai tellement besoin de toi…

— J’ai failli t’appeler plusieurs fois, tu sais, mais je me suis à chaque fois dégonflé. Je pensais que tu ne voulais plus entendre parler de moi, avoue timidement Andréas en la serrant dans ses bras.

— Oh bordel ! rit Jenny. Qu’est-ce qu’on peut être con !

~ 146 ~

Temps de lecture : 4 minutes

♪ Tell me everything ~ Ben-Jelen ♪

— On est vraiment cons, oui. De ne pas y arriver… soupire Andréas en se blottissant un peu plus contre son interlocutrice qui le serre plus fermement entre ses cuisses.

Sans attendre, il la pousse doucement en arrière pour l’allonger sur le billard…

Tell me all the things that lie behind your eyes, and tell me all the things you see. // Dis-moi ces vérités que tu me caches, dis-moi ce que tu vois…

It doesn’t matter if you take your time, we’ve got all night, and nights as long as we can dream. // Ce n’est pas grave si tu prends ton temps, on a toute la nuit et on décidera même de sa durée…

— Je t’aime tellement, Andy, et j’ai tant de choses à te dire que je ne saurais pas par où commencer, et… balbutia la jeune fille, le cœur battant.

— Tu peux y aller, on a toute la nuit…

— Là, tout de suite, on a mieux à faire que parler… lui renvoie son interlocutrice affamée en s’emparant vivement de ses lèvres.

Andreas ne refuse pas son baiser et le lui rend au centuple, pressé de faire monter la température… Il est fou d’elle.

‘Cause when your arms surround me, you know I love the way you let me in and tell me everything // Parce que, lorsque tes bras m’enlacent, tu sais à quel point j’aime cette folie dans laquelle tu me fais entrer.

No matter what they tell me, I know there couldn’t be no sweeter sin, oh show me everything // Peu importe ce qu’ils me disent, il n’y a pas plus doux péché, plus délicieuse malédiction ; oh, montre-moi tout.

Alors que le couple réconcilié se prépare à passer à l’acte, Jenny se presse de demander à son homme, entre deux gémissements de plaisir :

— Andy, tu as un préservatif sur toi ?

— Euh… Là, non, marmonne Andréas avec gêne et un soudain agacement ; se pourrait-il qu’à cause d’un fâcheux oubli, il ne puisse pas aller jusqu’au bout de ses envies avec la naine de sa vie ? Sa frustration grimpe quand soudain, il réalise un fait assez important pour demander avec suspicion :

— Mais toi… Sachant que tu prenais la pilule avant…

— En effet, je ne la prends plus, car je n’ai eu personne après toi ! informe Jenny, avant de râler légèrement. Cela te surprend ? Pourquoi ? Est-ce que ça veut dire que, de ton côté, tu n’as pas perdu ton temps ?

— La preuve que non, j’ai pas de capote sur moi ! rit Andréas en se redressant légèrement. Vu que j’ai pas envie d’aller en demander une à Zack, parce qu’il va nous casser les pieds, on peut finir la soirée chez moi, où j’en ai, si ça te dit…

— Allons-y ! s’exclame aussitôt Jenny en hochant la tête. On esquive tout le monde et on se barre d’ici !

They say I’m crazy and I’m young and I’m ideal. They say that this could never last, but baby, tell me, would you change for me ? // Ils disent que je suis fou et trop bien pour toi, ils disent qu’on n’en finira jamais, mais, bébé, dis-moi que tu pourras changer pour moi ?

I’d change for you ; you know I wouldn’t change a thing. // J’ai changé pour toi, mais je ne changerais rien à notre relation.

Vingt minutes plus tard, le couple arrive furtivement chez Cobain. Ils sont pressés de consommer leur amour passionné, inébranlable, intarissable et impérissable. Les critiques de leur entourage, qui les dissuadaient de rester ensemble, ne les ont pas découragés. Ils y ont toujours cru, malgré les médisances. 

Cause when your hair falls round me, you know I love the way you let me in and tell me everything. No matter what they tell me, I know there couldn’t be no sweeter sin, oh show me everything… // Parce que, lorsque tes cheveux me caressent le visage, tu sais à quel point j’aime la façon dont tu me fais entrer dans cette folie, et ce, peu importe ce qu’ils me disent.

Tell me that you’re gonna save me, tell me you’ll be true, tell me that you love me, baby, I’ll fall in love with you. // Dis-moi que tu vas me sauver, dis-moi que tu seras vraie, dis-moi que tu m’aimes, bébé, et je tomberai amoureux de toi.

Tell me that you’re gonna save me, tell me you’ll be true, tell me that you love me, baby…

I’ll fall in love with you…

~ 147 ~

Temps de lecture : 6 minutes

 

*

 

Quelques heures plus tard, en début de matinée, les deux amoureux émergent lentement dans les bras l’un de l’autre. Leurs cœurs battent à l’unisson dans une même symphonie, et leurs yeux débordent de tendresse alors qu’ils se dévisagent avec amour.

Après quelques câlins et discussions sur l’oreiller, ils s’extirpent enfin du lit en s’étirant ; leur dimanche s’annonce incroyablement génial. Ils commencent d’ailleurs à prévoir le programme de leur journée et, alors que le jeune Cobain s’apprête à proposer qu’ils mangent sur la plage, ce midi, il commence soudain une violente crise d’asthme. Celle-ci va durer près de dix minutes avant qu’il ne réussisse à la calmer complètement à l’aide de son inhalateur.

Alors qu’il se remet de ses émotions après cet épisode désagréable, sa petite amie l’observe, figée, blanche comme un linge.

— Andy, c’est moi ou ton asthme s’est empiré ?

— Bah non, tu vois bien que ça passe toujours aussi vite !

— Arrête de me prendre pour une conne avec ta tête de neuneu qui sourit niaisement, tu n’as jamais eu de crise pareille !

— Mais si, rohlala ! Bon, tu veux prendre la salle de bain en premier ? Je suis galant aujourd’hui !

— Non, vas-y, je ne me sens pas très bien, je vais m’allonger le temps que tu prennes ta douche, grommelle Jenny en le fusillant du regard.

Il doit comprendre sa mauvaise humeur !

— On peut aussi prendre un bain à deux, si ça te dit ! propose Andréas avec malice et ne se préoccupe pas du tout de ses craintes et angoisses.

Il a l’habitude ! Elle râle toujours pour rien, sa lunatique préférée !

— Une autre fois, peut-être, sourit timidement Jenny en essayant de prendre sur elle pour masquer son inquiétude.

À l’instant où son petit ami a quitté la pièce, elle enfile l’un de ses shorts pour se précipiter à la recherche de l’un de ses parents. On lui a toujours reproché son côté curieux qui se mêle de tout, mais aujourd’hui, la faim justifie les moyens, car elle doit s’occuper de sa moitié !

— Ooooh, Jenny ! s’exclame joyeusement Kurt Cobain en la voyant traverser son salon en trombe, vêtue de quelques vêtements de son fils unique. Ça fait longtemps, dis donc !

Les salutations se font vite. Une accolade. Quelques sourires. Kurt se réjouit de la revoir ici, cette blondinette. Il l’apprécie beaucoup, même si sa relation avec son fils a toujours oscillé entre le chaud et le froid ; quel couple d’adolescents ne connaît pas des hauts et des bas, après tout… Ils apprennent à aimer, découvrent la vie ! Kurt les a toujours trouvés très attachants, ces deux petits.

— Kurt, j’ai l’impression que l’asthme d’Andy a empiré, révèle Jenny avec assurance.

Le père de famille blêmit. Il bafouille son inquiétude ; il est surpris, car il pensait que l’état de son fils s’était amélioré ces dernières semaines, selon les dires du concerné, bien entendu… Il se sent soudain trahi par sa progéniture.

Il lui en touchera deux mots, assure-t-il à son interlocutrice en la remerciant de l’avoir tenu informé de cette mauvaise nouvelle. Il fera le nécessaire pour surveiller désormais plus sévèrement son rejeton, puisqu’il ne peut apparemment pas lui faire confiance, à cet idiot immature ! Kurt ressent de la colère.

Juste après sa conversation, Jenny retourne dans la chambre de son petit ami, furieuse qu’il cache l’évolution de son état à ses parents.

— Bah alors, t’avais filé où ? ! lui demande-t-il tendrement en se précipitant pour la couvrir de baisers dès qu’il l’aperçoit.

— Je suis allée chasser le Marsupilami alsacien, ça me manquait.

— Recrache-moi ce clown ! se moque affectueusement Andréas en glissant ses mains sous sa chemise, à la recherche d’un mamelon à titiller…

— Je parlais à ton père de ton asthme qui s’est empiré et il avait l’air surpris, car, figure-toi, il pensait que tu allais beaucoup mieux ! C’est fou, non ? débite d’une traite Jenny en fronçant les sourcils et en repoussant vivement son petit ami : « T’es vraiment un irresponsable ! »

— De quel droit tu as dit ça à mon père ? ? ? réagit nerveusement Andréas. Putain, mais merde, touche à ton cul, quoi !

— Mon cul, c’est toi, abruti ! Ce qui te concerne me concerne ! Je m’inquiète, et c’est normal !

— Non, ce n’est pas normal ! Ça ne fait même pas deux jours qu’on ressort ensemble et tu recommences déjà à me saouler ! Merde !

— À te saouler ? Oh, mais si je te saoule, je repars, t’inquiète, j’ai pas besoin de toi ! Si tu tiens à claquer seul comme une méga merde, vas-y mon grand, claque ! ! ! Ça nous fera les pieds ! ! !

— Avec tes conneries, mon père va me rendre la vie impossible maintenant ! !

— Oh, pauvre chouchou, c’est sûr que c’est insoutenable quand des gens s’inquiètent pour nous ! Gamin, va ! T’as pas changé ! Enfin, si, parce que le Andy que j’aimais s’efforçait de ne pas inquiéter les gens qui l’aiment !

— Mais c’est exactement ce que je fais !

— Non, toi tu mens aux gens juste pour ne pas qu’ils t’emmerdent !

— Mais tu ne sais rien ! Tu ne comprends rien !

— Arrête ton cinéma devant quelqu’un qui te connaît mieux que personne !

— Je ne veux plus revenir en arrière ! crache maladroitement Andréas.

— Comment ça ? se fige Jenny en blêmissant. Tu parles de quoi, là ?

— De mes traitements, idiote. Je ne veux plus avoir rendez-vous chez le médecin tous les deux jours, je ne veux plus avoir six antibiotiques différents à prendre avant chaque repas, je ne veux plus rester sur la touche avec les Drifterz, juste parce que je suis Andy le faible qui ne peut rien faire. Quitte à crever, je refuse que ma vie ne redevienne cet enfer. Je n’y suis plus habitué et ne revivrais plus jamais ça, désolé.

— Connard, crache Jenny, les yeux pleins de larmes et en se rhabillant avec ses propres vêtements avec hâte. Tu me répugnes, c’est bon, j’me casse. Tu es trop lâche, tu n’as rien de l’Andréas que j’ai aimé. Celui qui se battait ! Et d’ailleurs, il a été récompensé pour ses efforts, puisque son asthme s’était amélioré !

— Pour ensuite rechuter, grince Andréas avec dépit et ironie. Quelle glorieuse bataille !

— Tu baisses les bras maintenant parce que tu as pris goût à la facilité, conclut Jenny en disparaissant de la chambre de son petit ami. Looser va.

— J’avais pris goût à une vie normale, oui, une vie… Normale… souffla tristement Andréas une fois seul dans sa chambre, et avant de donner un violent coup de poing dans le mur le plus proche.

L'Améthyste

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