~ 139 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

*

 

36

Le lendemain, en ville et alors que Zack revient vers son meilleur ami après s’être acheté une canette de coca qu’il a bue d’une traite :

— Bordel, L.A., c’est vraiment un mouchoir de poche, lance-t-il avec acidité en direction de Jenny Clark qu’il réalise auprès de son meilleur ami.

La jeune fille blond foncé et aux cheveux toujours teintés de mèches de diverses couleurs, au gré de ses envies et pulsions, est l’ex-compagne de son binôme.

41

Ils ont rompu il y a trois mois et Zack prie encore pour que son meilleur ami arrive à conserver ses distances avec la succube dont il avait eu tant de mal à s’éloigner. Ils ont été ensemble pendant deux ans, pour s’enchainer dans une relation fusionnelle qui ne faisait que s’entrecouper de ruptures et de réconciliations.

42

Zack reste confiant quant à leur éloignement, car son ami semble être réellement allé de l’avant. Depuis trois mois, cette idiote devant lui n’existe plus dans leurs vies : elle vit dans un quartier éloigné et est encore au lycée, loin de l’université de son binôme ! Elle a donc que peu de chances de le croiser au quotidien !

43

Trois mois. Quatre-vingt-dix jours extraordinaires sans elle ! Zack est fier de son ami et ne veut plus jamais le voir retomber dans les griffes de sa naine ; oui, elle fait bien deux têtes de moins que son ami et, à l’époque, tout le monde les taquinait souvent pour cela. David et Goliath, qui n’étaient rien l’un sans l’autre.

44

Pourtant, ces derniers mois, Andréas avait appris à être quelqu’un sans son snorkies et il s’en sortait plutôt bien, sans elle. Zack en reste satisfait, car Jenny, sous ses airs de poupée adorable et malgré le fait qu’il ait apprécié la fréquenter à l’époque, pouvait se révéler très pénible. Un peu trop lunatique selon lui…

45

— Bon, on va y aller, nous. À plus, Jenny. annonce Andréas avec sympathie en bondissant de son banc.

Il sent bien que son meilleur ami est au bord de l’explosion : dans cinq minutes, il y aura un bain de sang sur la promenade et cela ne sera pas beau à voir. Il visualise d’ici la scène. Oui, un Zack stressé, ça peut piquer. Il ne faut jamais les titiller, ces bêtes-là. Ni les nourrir après minuit.

— Pas de soucis ! Faudrait qu’on se fasse une soirée un de ces quatre ! piaille Jenny de sa voix de crécelle que le jeune Muller déteste.

Non, mais il rêve ! Non, il hallucine ! Elle a osé ! Ses sourcils se froncent et ses poings se serrent jusqu’à ce que ses jointures en deviennent douloureuses.

— Eh bien ce week-end, on en fait une chez Zack, alors si tu veux te joindre à nous… lui propose timidement Andréas en implorant son binôme du regard. Hein, Zack ? Ça roule pour toi ?

— Merci Zackouille, du coup ! Donc, on se voit là-bas ! Tu me textotes pour l’heure, Andy ! caquette Jenny avec satisfaction et avec un clin d’œil en direction de son ex.

Elle commence ensuite à s’éloigner, tandis que Zack a désormais de sévères envies de meurtres envers son meilleur ami : il hésite entre le découper en morceaux pour le jeter dans l’océan ou l’enterrer vivant sur la plage pour le regarder crever lentement d’asphyxie, lui qui aime tant les morts lentes et douloureuses…

— Je sais ce que tu penses, mais ça n’arrivera pas, je ne l’aime plus, lui souffle Andréas une fois qu’ils sont seuls, avec un sourire complice. Je l’ai invité pour qu’on soit potes. Tout le monde l’aimait bien dans la bande, Jenny.

— J’ai rien à dire sur le sujet. Tu sais ce que j’en pense, mais comme d’hab, tu n’en feras qu’à ta tête, grince Zack avec dépit.

~ 140 ~

Temps de lecture : 2 minutes

*

Le jour suivant, en début de soirée, Joakim reçoit l’adresse qu’il attendait de son informateur.

1

Il grimpe sur sa moto et s’y précipite à un moment où il est censé n’y avoir personne ; selon les dires de son détective ripou qui lui a aussi appris que Mickael Davis loue une chambre – payée comptant et uniquement pour le mois en cours – dans une maison délabrée à la sortie de Topanga.

Le jeune Bauer comprend donc rapidement que son ancien ami n’est ici que provisoirement ; sans doute lui reste-t-il encore quelque chose à faire ?

2

Un quart d’heure plus tard, il arrive sur place et découvre la batisse miteuse où semble se terrer son ennemi. Sans attendre, il se glisse à l’intérieur par l’une des fenêtres du premier étage, par l’arrière de la maison. Vu l’état du bâtiment, il n’a pas à forcer et pose un pied dans une chambre malodorante peu après.

Il ne s’inquiète pas que les événements puissent mal tourner pour lui, car il a pris ses précautions avant de venir : Kristofer lui servira d’alibi pour confirmer sa présence à ses côtés, au cas où le fait d’être venu ici avec des lentilles bleues et une perruque brune ne suffirait pas à l’empêcher d’être relié à cette entrée par effraction. Pour une sécurité accrue, sa moto est garée et camouflée, à bonne distance d’ici.

Il commence à fouiller les lieux : la pièce semble vide d’affaires personnelles. Mickael n’est ici que depuis une semaine, au maximum, et Joakim en découvre très vite les raisons.

Au fond d’un sac de voyage où il glisse discrètement sa main, il réalise la présence d’un revolver 6 millimètres déjà chargé.

Son petit doigt lui dit que son ancien ami ne brave pas la loi de l’État de Californie uniquement pour faire du tourisme. Il en esquisse un sourire en coin et remet habilement en place toutes les affaires déplacées pendant ses fouilles. Il reviendra très vite, car si ce très cher Mickael souhaite jouer avec lui, il accepte la partie avec grand plaisir !

~ 141 ~

Temps de lecture : 4 minutes

 

*      *

*

 

46

Cela fait une semaine qu’Erika s’est presque officialisée dans une union homosexuelle avec son ancienne meilleure amie, Riley Adams, et peu ont l’air de s’en être rendu compte. Une humiliation de plus pour la jeune fille qui se réalise insignifiante aux yeux de ses anciens amis, des Watcha Say, surtout. Elle qui aurait pensé leur susciter de l’intérêt n’a même pas éveillé le moindre de leurs soupçons. Son égo ne s’en remet pas : il est blessé comme jamais, car même Jonathan ne semble plus la calculer depuis leur altercation à la soirée de sa petite amie. Certes, elle l’avait envoyé balader comme un malpropre, mais elle espérait malgré tout qu’il continue de lui montrer de l’intérêt ! « Fuis-le, il te suivra » est une bien belle foutaise, car désormais Erika pourrait plutôt clamer « fuis-le, et tu le perdras ! ».

Nul n’est irremplaçable…

47

Alors, pour ne pas se laisser abattre face à ces désillusions qui lui écorchent le cœur, elle se souvient que lorsqu’il ne lui reste plus rien, il lui restera tout de même la danse…

Elle se le répète encore en fermant lentement les yeux pour se laisser planer, parce qu’elle a bien trop bu dans ce nightclub qu’elle a découvert avec Riley il y a peu.

Son père ignore bien entendu tout de ces sorties improvisées en pleine nuit, « mais si son frère aîné se le permet presque quotidiennement, pourquoi ne le ferait-elle pas, elle aussi, après tout ? »

Elle déprime, serre les poings, ne pense qu’à la danse, plus rien n’existe, la danse, la danse…

« Un danseur danse parce que son sang danse dans ses veines. » [Anna Pavlova]

48

Le Tremaine Tour arrive à grands pas… Il ne faudra pas qu’elle perde cet objectif-là de vue. Le Trémaine. Tour.

49

Et si elle y échoue encore ?

Au souvenir de tous ses récents échecs, une peur panique grimpe crescendo, car elle n’interprète encore aucune chorégraphie parfaitement pour cette nouvelle compétition. Blocage… Aucune musique ne l’inspire suffisamment pour qu’elle puisse être capable d’aligner deux pas de danse un tant soit peu corrects.

« Peut-être ne sait-elle finalement exceller que dans la défaite », songe-t-elle avec détresse. Un jour, elle serait consacrée meilleure perdante de toute la Californie ! Un prix reste un prix, après tout… Peut-être a-t-elle trop rêvé sa vie en croyant naïvement les conseils d’un dessin animé pour enfants. Que disait-il, déjà ? « Rêve ta vie en couleurs, c’est le secret du bonheur ! » Foutaises !

50+51

Un titre de Sarah McLachlan résonne soudain dans le nightclub et, sans réfléchir, elle bondit aussitôt en direction de la petite piste de danse en jetant ses chaussures derrière elle.

Cette musique l’anime et la transcende. Son corps lui a exigé de la posséder.

♪ Stupid ~ Sarah Mc Lachlan ♪ 

« Quand tu te mets à danser et que tu te sens bien, c’est comme si le monde t’appartenait. » [Esther Boaring]

How stupid could I be! A simpleton could see! That you’re no good for me! But you’re the only one I see…

Comment ai-je pu être aussi stupide ? ! Un neuneu l’aurait pourtant vu ! Que tu n’es pas fait pour moi ! Mais tu es le seul que je vois… (Jonathan)

« La danse… superbe expression de l’inconscient, catharsis incomparable. » [B. Mols]

Love has made me a fool…
[…]
You leave me here burning. In this desert without you…

L’amour a fait de moi une demeurée […] Et tu me laisses là, seule dans ce désert…

How stupid could I be ! A simpleton could see !  That you’re no good for me ! But you’re the only one I see.

Comment ai-je pu être aussi stupide ? ! Un neuneu l’aurait pourtant vu ! Que tu n’es pas faite pour moi ! Mais tu es la seule que je vois… (Riley)

« Quand tu danses… tu sors de toi-même, tu deviens plus grand et plus puissant, plus beau. Pendant quelques minutes, tu es héroïque. C’est la puissance. C’est la gloire sur terre. Et cela t’appartient, chaque soir. « [Agnes de Mille]

Everything changes, everything falls apart.
Can’t stop to feel myself losing control.
But deep in my senses, I know

Tout change, tout se casse la gueule. J’ai l’impression de perdre le contrôle. Dans les abysses de ma faiblesse, je réalise

How stupid could I be ! A simpleton could voir ! That you’re no good for me ! But you’re the only one I see…

Comment ai-je pu être aussi stupide ? ! Un neuneu l’aurait pourtant vu ! Que tu n’es pas fait pour moi ! Mais tu es le seul que je vois… (Jonathan)

« La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu’elle n’est pas une simple traduction ou abstraction de la vie ; c’est la vie elle-même. » [Havelock Harris]

Dès ses premiers pas sur la piste, la foule s’écarte et forme un cercle autour de l’adolescente pour admirer le moindre de ses mouvements. Certains chuchotent entre eux qu’elle doit être payée par l’établissement pour faire l’animation des lieux ! Elle a l’air d’une professionnelle alors qu’elle illumine la piste de danse, au point que, dès la fin de son petit numéro improvisé, tous applaudissent chaleureusement, impressionnés par son talent.

Son choix de musique pour le Tremaine Tour est fait.

L'Améthyste

⚠️ JavaScript est requis

JavaScript est actuellement désactivé dans votre navigateur.

Ce site nécessite JavaScript pour fonctionner correctement. Veuillez l'activer pour continuer votre navigation.

Comment activer JavaScript :

Chrome / Edge :

  1. Cliquez sur les trois points (⋮) → Paramètres
  2. Confidentialité et sécurité → Paramètres du site
  3. JavaScript → Autorisé

Firefox :

  1. Tapez "about:config" dans la barre d'adresse
  2. Recherchez "javascript.enabled"
  3. Définissez sur "true"

Safari :

  1. Safari → Préférences
  2. Sécurité → Activer JavaScript

Rechargez la page après avoir activé JavaScript